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10 questions importantes sur la voiture autonome

Written by  Friday, 03 July 2015 00:00

La voiture autonome arrive – c’est un fait. Après la présentation l’année dernière de la première voiture autonome de Google, l’entreprise a annoncé une première commercialisation de ces modèles d’ici 2020. La plupart des constructeurs automobiles tels que Renault, Peugeot, Audi ou Tesla travaille aussi sur des projets autonomes et participe au développement de ce marché digne des films futuristes.

Il reste cependant plusieurs questions importantes sans réponses claires concernant la voiture autonome. Dans cet article, nous nous sommes entretenus avec des experts automobiles et des constructeurs passionnés pour tenter d’apporter des réponses sur les 10 questions les plus importantes.

Où en sommes-nous en France ?

Le marché de la voiture autonome a connu une avancée phénoménale ces dernières années avec notamment la Google car qui ne cesse d’impressionner d’un point de vue technologique. Le plus gros frein à la voiture autonome ne semble aujourd’hui pas être technologique mais simplement réglementaire. Chaque pays à un code de la route bien différent. Il va donc falloir modifier et adapter les textes de lois pour répondre aux problématiques liées aux voitures autonomes.

voiture autonome google© Actuautofrance.fr

En France, le gouvernement a mis un coup d'accélérateur. La voiture sans conducteur fait partie des 34 projets du plan pour la nouvelle France industrielle, initié par Arnaud Montebourg : « Des premiers essais en route ouverte auront lieu dès 2015, en parallèle du lancement de projets de recherche et développement » évoque un document du ministère de l’économie. « Avec ce plan, la France sera reconnue comme une terre d'expérimentation du véhicule autonome, un centre d'excellence de l'intelligence embarquée et un leader en sécurité des systèmes complexes. Un marché de plusieurs milliards d'euros à l'échelle mondiale, d'ici à dix ans, s'ouvre à ceux qui sauront être les pionniers. »

La première voiture autonome sera présentée en France à Bordeaux lors du congrès des transports intelligents (ITS) qui se déroulera du 5 au 9 octobre 2015. C'est Thierry Le Hay, responsable innovation chez PSA Peugeot Citroën, qui a annoncé que des essais sur route allaient pouvoir démarrer en France à cette occasion.

De nombreux constructeurs automobiles comme PSA Peugeot Citroën et Renault travaillent déjà sur des modèles de voitures autonomes. Ils ont d’ailleurs annoncés les premiers véhicules autonomes avec un conducteur à bord visibles sur les routes françaises à partir de 2020.

Qui sera responsable en cas d’accident ?

La question qui est dans tous les esprits. Comment établir la responsabilité lors d’un accident impliquant une voiture autonome ? Ce ne sera pas chose facile. Comment répartir le blâme entre le conducteur humain et le système automatisé des voitures ? Comment répartir le blâme au sein même de ce système ? Est-ce le logiciel qui est responsable de l’accident ou le matériel informatique ? Ou peut-être est-ce le logiciel et le matériel informatique qui ont interagis de façon imprévue ? Ces problématiques complexes suggèrent que les questions de la responsabilité pourraient devenir un obstacle majeur au déploiement des véhicules autonomes. « Lors d’un accident de voiture, il est relativement facile de déterminer qui est responsable mais avec une voiture autonome, c’est beaucoup moins évident » dit Joshua Schank, président du Centre de Transport ENO, un centre de recherche dédié au transport du futur.

En revanche, cela ne veut pas dire que les tribunaux ne pourront pas résoudre ces questions. Les constructeurs automobiles fabriquant des voitures autonomes ne sont pas vraiment différents des fabricants dans d’autres domaines. Ils ont les mêmes obligations d’offrir des produits sûrs et s’exposent aux mêmes risques juridiques dans le cas contraire. La question de responsabilité n’a jamais été un réel problème pour les nouvelles technologies qui ont émergées au cours des dernières décennies et il sera tout à fait capable de s’adapter aux technologies des voitures autonomes au besoin.

Les 23 voitures autonomes de Google ont déjà parcourent déjà près de 16 000 km par jour et ont seulement essuyés 11 accidents mineurs ayant occasionné des dommages minimes. « Pas une seule fois la voiture autonome n’était la cause de l’accident » déclare Chris Urmson, directeur du projet Google car. Nous n’avons pas plus de détails sur ces accidents mais les constructeurs devront tirer de nombreux enseignements sur les comportements routiers pour améliorer la technologie de prévention des accidents. Avec la multiplication des tests sur route et l’analyse des potentiels accidents, on peut penser que d’ici 2020, les voitures autonomes ne seront responsables d’aucun accident et la question de la responsabilité ne se posera plus.

Comment assurer une voiture autonome ?

Selon l’Organisation International de la Prévention des Accidents de la Route, l’erreur humaine compte pour 90% des accidents de la route et l’industrie de l’assurance automobile récolte près de 140 milliards d’euros de primes chaque année. Si les voitures autonomes éliminent ces erreurs humaines, comment les assureurs vont-ils s’adapter ?

Une récente étude du cabinet Rand Corp. prédit une augmentation de la responsabilité des constructeurs automobiles et une baisse de celle des conducteurs. « Si un véhicule et un humain partage la même responsabilité sur la route, les questions d’assurances pourraient devenir plus compliqué ». Si les voitures autonomes réussissent à réduire le risque d’accidents de la route, l’industrie de l’assurance automobile pourrait connaitre une baisse des primes d’assurances.

Pour assurer une voiture autonome, les assureurs se focaliseront certainement sur la marque et le modèle de la voiture au lieu de l’historique des accidents du conducteur. Les véhicules pourraient aussi posséder une boite noire qui enregistrerait toutes les données, un peu comme celles que l’on trouve dans les avions. Cela permettrait de suivre et analyser les données de la voiture et déchiffrer ce qu’il s’est vraiment passé avant un accident.

Les assureurs automobiles qui seront capables de faire un bon usage de l’important volume de données et qui mettront en place des règles pour reconnaitre les problématiques liées à la voiture autonome maintiendront leurs profits dans ce marché très compétitif.

A qui cela profitera ?

La voiture autonome va être profitable à plusieurs personnes. Non seulement, elle va permettre de rationaliser le trafic automobile mais elle va aussi permettre de transporter les personnes âgées, les enfants, les personnes handicapées et les pauvres. Les sociétés de taxi et de bus pourraient aussi utiliser cette technologie et apporter un moyen de transport individuel pour les personnes ne possédant pas de véhicules (près de 25% de la population française).

« L’avantage premier est l’énorme impact sur la sécurité » dit Joshua Schank, président du Centre de Transport ENO ». Les gens ne sont pas de bons conducteurs. 30 000 personnes meurent chaque année dans des accidents de la route. Les machines peuvent être plus performantes que les humains quand il s’agit de conduire. Elles n’envoient pas de messages en buvant et pensent plus rapidement » . En plus de la possibilité de réduire les accidents, les voitures autonomes pourront réduire la congestion sur les routes, favoriser l’économie de carburant, réduire le besoin de stationnement et permettre à un plus grand nombre de se déplacer.

Selon Erick Fontaine, expert en voiture autonome pour Lesnumeriques.com, la voiture autonome va profiter « aux personnes âgées, celles qui ne sortent plus par peur de conduire et qui du coup perdent le lien social. La voiture autonome va resociabiliser cette catégorie de personnes ».

voiture autonome google© flickr.com

Qui seront les grands perdants ?

La voiture autonome apporte malheureusement son lot de mauvaises nouvelles et la principale est la destruction de millions d’emplois.

C’est par exemple le cas des fabricants de radars et des sociétés chargées de traiter les procès-verbaux. La voiture autonome ayant la faculté de s'adapter aux conditions du trafic et à la météo, ainsi que de réagir à bon escient aux aléas de la circulation, elle ne dépassera jamais la vitesse autorisée par le Code de la route. Les effectifs de police qui avaient pour habitude de contrôler les conducteurs et de faire la circulation au bord des routes ne seront plus nécessaires et seront déployés ailleurs. Les auto-écoles seraient aussi potentiellement en danger si la loi n’oblige pas à avoir son permis de conduire pour opérer une voiture autonome. Les taxis auront un peu plus de mal à trouver des clients lorsque ces véhicules pourront transporter un groupe entier de personnes et seront programmés pour aller chercher quelqu’un toute seule à la gare. Les assureurs pourraient aussi être en péril avec la quasi disparition des accidents de la route et la baisse des vols engendrés par les nouvelles technologies.

Pourrais-je être saoul dans un véhicule autonome ?

L’un des problèmes majeurs que la voiture autonome rencontre est la consommation d’alcool. L’arrivée de ces véhicules pourraient éradiquer la conduite en état d’ébriété - ce qui serait formidable. En revanche, cela soulève plusieurs questions.

Tout le monde le sait, il est interdit de boire et de conduire une voiture. Mais peut-on boire et « conduire » une voiture autonome? Est-il toujours obligatoire d’avoir un pilote désigné derrière le volant ? Le conducteur doit-il être lucide et en état de prendre le volant si un quelconque problème survient ? La voiture aura-t-elle un bouton préprogrammé pour ramener le conducteur ivre chez lui ? Aura-t-on un volant avec un alcotest intégré ?

Un article par J. Faulks de l’Unité de recherche sur les accidents de la route de l’Université d’Adélaïde en Australie, a montré que les véhicules autonomes n’élimineront pas la conduite en état d’ébriété car « même s’il s’agit d’une voiture autonome, la personne en état d’ivresse est toujours le pilote et doit être en état de prendre le contrôle du véhicule à tout moment. » Il continue sur son raisonnement : « Des actions de la part du conducteur doivent être prises pour démarrer le véhicule, entrer les instructions concernant la destination et l’itinéraire et activer la fonction d’autopilotage. Ces actions constituent la conduite et si vous êtes ivre, c’est considéré comme une conduite en état d’ivresse. De plus, si le conducteur doit intervenir à cause d’un dysfonctionnement du système, il doit être en mesure de le faire ». Il est donc peu probable que l’on puisse être en état d’ivresse dans les voitures autonomes - du moins pas avant plusieurs années.

Aurais-je besoin de mon permis de conduire pour rouler dans une voiture autonome ?

Les avis sont partagés concernant cette question. Selon Frank M. Rinderknecht, Directeur général du groupe automobile suisse Rinspeed : « Un permis de conduire pour des voitures autonomes ? Bien sûr que non. La formation de conducteur deviendrait obsolète – à moins que l’on veuille encore conduire avec une voiture normale pour le plaisir ». Erick Fontaine pense différemment : « Je pense que l’on aura toujours besoin de son permis, oui. En cas de défaillance du système, le conducteur doit être en mesure de reprendre la main ».

C’est l’option qui semble être la plus probable à l’heure d’aujourd’hui pour opérer une voiture autonome ayant besoin d’un conducteur afin de réaliser quelques actions clés mais aussi pour être là en cas de problèmes techniques qui pourraient survenir sur le véhicule. On peut ainsi penser qu’en 2030, un permis de conduire spécifique aux voitures autonomes sera requis. Le permis serait alors très différent et intégrerait une partie adéquate aux spécificités techniques de la voiture autonome. Dans ce cas, les auto-écoles auraient une opportunité de se développer.

Est-ce que je devrais être présent dans le siège conducteur ou dans le véhicule?

La principale difficulté à contourner concerne la présence obligatoire d'un conducteur dans l'habitacle du véhicule, bref, un être humain qui agit sur ses commandes. La convention de Vienne sur la circulation routière du 8 novembre 1968, dont la France est l'un des signataires, est en effet très claire sur ce point : ce texte exige, qu'un véhicule en mouvement ait un conducteur et que celui-ci ait constamment le contrôle de celui-ci (art.8). Cette obligation générale est reprise dans notre Code de la route, qui précise que le conducteur doit « se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent ». Au regard de la législation actuelle, le véhicule autonome n'est donc pas en adéquation avec les exigences de notre législation. Sans ces indispensables ajustements juridiques, la voiture autonome restera cantonnée aux voies non ouvertes à la circulation publique, sur lesquelles le Code de la route ne s'applique pas.

Pourra-t-on pirater ma voiture autonome ?

Les conducteurs de voitures autonomes devront être protégés contre les hackers qui pourraient prendre le contrôle du véhicule et provoquer le chaos sur les routes. Hugh Boyes, responsable de la cyber sécurité de l’IET, équivalent britannique de l’IEEE France, a affirmé que la fiabilité et la sécurité des logiciels utilisés dans les voitures autonomes seront un problème majeur pour les constructeurs et les assureurs automobiles. « Si la communauté hacker commençait à cibler les voitures autonomes, on peut imaginer un chaos complet ». Il continue : « De récents rapports montrent que 98% des applications présentent des défauts graves, et dans de nombreux cas on peut compter entre 10 et 15 défauts par application ».

Après avoir analysé en détails la technologie de la voiture autonome, Mathew Solnik a été le premier à démontrer une prise de contrôle à distance d’une voiture. L’exploit a été filmé par le site Motherboard. Pour que les voitures autonomes soient définitivement commercialisées sur les routes, elles devront être protégées contre les risques de piratage et ce n’est pas encore le cas.

Quand verra-t-on les premières voitures autonomes commercialisées en France et à quel prix ?

Les experts sont partagés concernant cette question mais tous s’accordent pour dire que les voitures autonomes pourraient arriver sur le marché plus vite que l’on s’y attend. Carlos Ghosn, Directeur général du groupe Renault, estime que « la technologie sera prête dès 2018 et que le marché pourrait décoller d'ici 2020 ».

Selon Laurent des Places, associé KPMG secteur automobile, leur arrivée sur le marché « est inéluctable ». Il ajoute : « La plupart des technologies nécessaires existent déjà et l'attente des consommateurs est immense », estimant que ce « changement façonnera de façon déterminante l'industrie automobile d'ici 20 ans ».

Concernant les voitures qui requièrent une personne derrière le volant, le gouvernement évoque des « essais » mêlés à des « projets de recherche et de développement ». Autrement dit : ce n’est pas encore au point. Les constructeurs automobiles promettent de commercialiser des voitures autonomes avec conducteur d’ici 2020 et sans conducteur à partir de 2030.

Le prix auquel une voiture autonome sera commercialisée en France est encore inconnu mais comme toute nouvelle technologie, le prix sera élevé : « Vous pouvez avoir la meilleure des technologies au monde mais si elle est hors de prix, personne ne pourra en profiter » dit Schank. Le modèle de Google coûte entre 75 000 $ et 85 000 $, en équipement seulement. C’est plus qu’une Tesla, et si vous ajoutez tous les coûts annexes d’assemblage du véhicule, vous arrivez à une facture dépassant les 100 000 $. Avec l’assurance, l’addition risque d’être salée pour le salarié moyen.

voiture autonome mercedes© Autotribute.com

L’introduction des voitures autonomes sur les routes françaises n’est pas prévue pour demain mais tous les acteurs du marché se préparent déjà à accueillir cette révolution. Quelques questions d’ordre juridique restent encore à être clairement définies mais la France se place déjà parmi les premiers pays au monde à réfléchir activement à ce transport du futur.