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10% de véhicules propres en France d'ici 2020, un challenge de taille

Écrit par  mardi, 13 janvier 2015 00:00

Après les échecs de la taxe carbone et de l’éco taxe, la loi sur la transition énergétique du marché automobile proposé par la ministre de l’environnement Ségolène Royal promet de profonds changements mais laisse planer le doute quant à la faisabilité de ce projet.

Le développement du marché des véhicules électriques

zoe-vs-leaf

Deuxième marché européen de voitures électriques après la Norvège, la France a produit l’année dernière près de 9000 véhicules électriques, soit 0,50% du marché automobile. Un marché largement dominé par 2 modèles : la Renault Zoe (à gauche sur la photo) et la Nissan Leaf (à droite) qui, à elles deux, rassemblent près de 80% des ventes de voitures électriques. Alors que le marché automobile français continue d’afficher des résultats en baisse, le nombre de véhicules électriques est en hausse cette année. Une tendance confirmée par les chiffres de novembre 2014 avec une augmentation des ventes de 31,3% pour une part de marché totale de 0,67% selon les chiffres d’automobile-propre.com. En revanche, la part de marché des véhicules électriques peine à dépasser les 1% du total des ventes de véhicules neufs et seule l’alliance Renault-Nissan semble tirer leurs épingles du jeu et stimuler ce marché naissant.

Les particuliers ne représentent que 30% des ventes de voitures électriques, soit seulement 2500 véhicules électriques vendus en 2013. Ces chiffres remettent en question l’intérêt et la motivation des consommateurs susceptibles d’adopter ce type de véhicules. Pourtant, un sondage IPSOS réalisé en septembre 2014 révèle que les français ont un a priori favorable concernant les véhicules électriques. La majorité des français juge la voiture électrique fiable, sécurisante et pratique pour respectivement 64, 58 et 54% d’entre eux. Selon un récent sondage IPSOS, 28% des français seraient prêts à acheter un véhicule électrique. “La tendance est là mais c’est un marché qui peine à décoller. Il se structure petit à petit” nous affirme Fabrice Spath, directeur de Breeze Car. En effet, un écart notable persiste entre le désir d’acheter une voiture électrique et la vente de ces véhicules. “Les consommateurs restent tout de même frileux de passer à l’électrique par manque d’aides de l’État”.

En effet, l’État a un rôle très important à jouer dans le développement du marché des voitures électriques et dans l’éducation des consommateurs. Après la revalorisation du bonus écologique (d’une valeur de 6300€ pour tout achat de véhicules électriques) voulue par Arnaud Montebourg dès le 1er juillet 2014, les ventes de voitures électriques ont bondies de près de 66% par rapport à juillet 2013. De plus, une prime de reconversion pouvant atteindre 10000€ pourra s’ajouter au bonus initial lors de la mise à la casse d’un véhicule diesel à partir de juillet 2015 (et si vous habitez dans une zone urbaine considérée comme polluée). La réduction de la consommation énergétique est au cœur du projet de loi du gouvernement avec un objectif de 10% de voitures électriques sur le marché automobile français d’ici 2020. Cet objectif s’étend aussi aux taxis, aux voitures de transports avec chauffeurs et aux voitures de location. Objectif ambitieux pour certains, irréaliste pour d’autres, ce projet ne fait pas l’unanimité et les bonus offerts par l’État pourraient ne pas générer suffisamment d’intérêt de la part des consommateurs toujours réticent à franchir le pas de l’achat.

De nombreux freins à l’achat subsistent

Prix

L’essor de ce marché reste tout de même à relativiser. Bien que les ventes de véhicules électriques soient en augmentation, elles restent dérisoires comparées au marché automobile français qui tourne autour de 2.15 millions de voitures neuves vendues l’année dernière contre 9000 véhicules électriques. Les faibles ventes de voitures électriques s’expliquent tout d’abord par le prix. Ces véhicules restent chers : il faudra dépenser au minimum 14000€ pour acquérir une Renault Zoe, prix auquel il faut ajouter un forfait de location de batterie mensuel de 79€ par mois. Pour la Nissan Leaf, il vous faudra dépenser au moins 18000€ plus 79€ par mois pour la batterie. Le bonus écologique de 6300€ étant déjà déduit.

Faible autonomie

L’autonomie insuffisante fait aussi parti des freins au développement du marché des voitures électriques. Les batteries sont actuellement le talon d’Achille des véhicules électriques avec une autonomie moyenne comprise entre 150 et 250km. “Les véhicules électriques les plus performants, et donc les plus onéreux, ne dépassent pas 300 kilomètres d'autonomie”, explique Maxime Pasquier, ingénieur à l'Ademe. Cela exclut donc les longues distances à moins de prévoir rigoureusement son trajet en considérant les bornes de recharges sur la route. De plus, tout comme les véhicules traditionnels, l’utilisation de la climatisation ou de la radio peut réduire l’autonomie des batteries d’un tiers. Selon Sébastien Torro-Tokodi d’écomobilite.org : “l’autonomie reste LE point faible de la voiture électrique et c’est pourquoi elle s’adresse essentiellement à un public urbain où l’autonomie prend un peu moins d’importance”. Selon un sondage réalisé par wehicles.com, 44% des français porteraient plus d’intérêt aux véhicules électriques si l’autonomie pouvait dépasser les 250km.

borne-recharge

Manque d’infrastructures

Parmi les freins à l’achat souvent mentionnés, on retrouve le manque d’infrastructure pour accueillir ces véhicules avec notamment un manque flagrant de bornes de recharge. 53% des français prêts à l’achat évoquent le manque de station de recharge. La ministre de l’écologie a d’ores et déjà annoncé l’installation de 7 millions de bornes de recharge pour les voitures électriques d’ici 2030. Une réalisation jugée difficile étant donné que la France ne dispose aujourd’hui que de 10000 bornes de recharge dû au coût très élevé des dernières stations plus puissantes et rapides.

Pollution

Bien qu’électrique, le caractère écologique de ces véhicules peut être remis en question. En effet, le Jury de Déontologie Publicitaire de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) a annoncé en juin dernier que les véhicules électriques n’étaient ni écologiques, ni propres. C’est par exemple le cas de la Zoe mais aussi de la Leaf, accusé de fausse publicité après avoir déclaré émettre 0% de CO2. Que ce soit dans sa construction ou son cycle de vie, tout véhicule a un impact sur l’environnement. “Toutefois, on peut dire qu’une voiture électrique participe au développement durable puisqu’elle est plus propre que les véhicules thermiques” affirme Stéphane Martin, directeur général de l’ARPP. Le problème vient dans un premier temps de l’énergie nucléaire utilisée pour recharger les batteries des véhicules électriques mais aussi du lithium qui sert à les fabriquer.

assurance-voiture

Un challenge pour les assurances

Les assureurs doivent aussi s’adapter à cette transition avec un changement des comportements de conduite. Selon une étude de capsauto.fr, “il semblerait que les conducteurs de véhicules électriques adoptent une conduite beaucoup plus souple, moins agressive et anticipent davantage. Cela aurait donc un impact sur les risques d’accident et donc directement sur les primes d’assurance”. Il faut aussi prendre en compte l’assistance des conducteurs en panne de batterie et autres problèmes relatifs aux véhicules électriques dans les différents tarifs d’assurances proposés. À noter aussi la discrétion et le faible bruit émis par les voitures électriques pouvant présenter un danger éventuel pour les cyclistes et les piétons se basant sur les sons pour se déplacer. Le marché est encore trop récent pour avoir suffisamment de recul concernant l’impact des véhicules électriques sur le marché de l’assurance automobile.

Le cas des agences de location de voitures

Actuellement en plein essor en France, le marché de la location de voitures a un rôle très important à jouer dans la démocratisation des véhicules électriques. Cependant, les agences de location de voitures disposent de moins d’1% de voitures électriques dans leur parc automobile et laisse planer le doute quant à la réalisation des 10% prévu en 2020. Le Syndicat National des Loueurs de Voitures en Longue Durée (SNLVLD), normalement consulté par le gouvernement lors de projet de loi concernant le marché de l’automobile, ne l’a pas été pour celui sur la transition énergétique proposé par Ségolène Royale. “Cette loi qui demandera en 2020 aux loueurs de voitures d’avoir 10% de véhicules dans leur parc est très ambitieuse. Nous répondons essentiellement à une demande et la plupart de notre clientèle est une clientèle B2B et non B2C, qui représente 30% des ventes” raconte Mathias Plouvier du SNLVLD.

L’intérêt des consommateurs semble être là, malgré les problèmes liés aux voitures électriques. Cependant, lorsqu’il s’agit de passer à l’acte et louer un véhicule électrique, les conducteurs sont davantage frileux. Une étude démontre que si les Français sont majoritairement prêts (à 68 %) à louer un véhicule électrique, seulement 44 % d'entre eux sont prêts à louer ce type de véhicule plus cher qu'un véhicule classique. Mathias revient sur la loi 2020 et le problème de fonds que cela va poser aux agences de location: “Avoir 10% dans son parc c’est très bien mais si les consommateurs ne sont pas prêts à franchir le pas, ces véhicules électriques seront délaissés et resteront stationnés. Les conducteurs continueront à préférer les véhicules thermiques pour leur facilité d’utilisation et les agences de locations de voitures resteront condamnées avec 10% de voitures électriques non utilisées qui stationneront dans leur parc et qu’ils devront quand même entretenir”.

Concernant les loueurs de voitures de courte durée, Sixt et Hertz ont été les premières agences de location à proposer des véhicules électriques. Avis, qui après avoir lancé un partenariat avec la SNCF en 2011 en proposant la location de 10 voitures électriques à Paris et Marseille, a décidé de ne pas proposer en agence ces véhicules due à une demande encore trop faible. Les agences de location de voitures de courte durée répondent à un besoin bien précis : départ en vacance, panne de véhicule personnel ou déménagement. Des besoins occasionnels auxquels la voiture électrique ne répond pas vraiment dûes notamment aux complications évoquées plus haut. En outre, la concurrence est rude sur le marché de la location. Aux côtés des géants de la location on retrouve des agences spécialisées en location de voitures électriques (Ada, Ucar, Car’Go) mais aussi la grande distribution (Système U, Leclerc, Carrefour), les constructeurs (Renault Rent, Ford Rent, Peugeot) et toutes les offres de type autopartage (Carbox, BlueCar, Autolib’) qui proposent la plupart des véhicules électriques. Une offre vaste qui ne va pas faciliter le choix du consommateur. Seuls les leaders du secteur (Hertz, Sixt, Rent A Car) sont en mesure de rivaliser en termes de prix et de services tandis que les agences spécialisées et indépendantes auront bien du mal à tirer leur épingle du jeu d’ici 2020.